Le ministre Moussa Benhamadi croit à une solution à l’amiable Le dossier Eepad rouvert ? 

Le dossier Eepad est loin d’être clos. Une décision de justice définitive rendue le 26 décembre dernier a arrêté à 2,2 milliards de dinars la dette commerciale de l’opérateur ADSL vis-à-vis d’Algérie Télécom, une somme inférieure à celle que réclamait initialement Algérie Télécom (3,8 millars de dinars). Dans un entretien accordé à nos confrères du Quotidien d’Oran, le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Moussa Benhamadi, évoque de nouveau l’affaire Eepad. Moussa Benhamadi croit à une solution à l’amiable entre Eepad et AT. Est-ce possible dans la réalité ? Le contexte a-t-il changé aujourd’hui que le gouvernement veut, et le temps presse, mettre en œuvre le e-gouvernement ? Le ministre donne un détail de taille quant à l’avenir de  l’Eepad : « La nécessaire préservation de l’Eepad ; je pense que les deux opérateurs devraient trouver une solution à l’amiable tel que le rachat de l’Eepad par Algérie Télécom. » Moussa Benhamadi n’a fait en fait que reformuler une proposition qu’il avait faite en 2009, date à laquelle a éclaté le conflit. Et à cette époque  Moussa Benhamadi était directeur général d’Algérie Télécom. Il avait engagé cette procédure de rachat mais qui « n’a malheureusement pas abouti ». Le ministre rappelle qu’à l’époque son conseil d’administration ne l’avait pas suivi dans sa démarche d’acquisition d’Eepad. « J’ai toujours défendu la préservation de l’Eepad en tant qu’acteur important des TIC en Algérie », a-t-il dit. En réitérant une proposition vieille de trois ans, le ministre de  la Poste et des Technologies de l’information et de la communication souhaite-t-il instaurer un dialogue entre l’Eepad et Algérie Télécom pour régler un différend « purement commercial ». C’est le cas de le dire, car le ministre semble avoir mesuré l’ampleur des enjeux : l’on sait que  le réseau Eepad est important : plus de quarante mille citoyens (étudiants, enseignants et professionnels), plus de deux mille cybercafés et plus de sept cents PME. Ce n’est pas rien. Reste à savoir si Moussa Benhamadi arrive à faire aboutir sa proposition.
La « préservation » de l’Eepad dont a parlé le ministre semble s’insérer dans un nouveau cadre législatif. Benhamadi a évoqué une nouvelle loi en projet sur la poste et les télécommunications. Cette loi en perspective ouvrira la porte au e-paiement et au paiement mobile, mais également permettra à des investisseurs privés d’entrer dans des offres Internet dans des zones non couvertes, et notamment des services de réseau mobile virtuel (MVNO). Et pendant que l’Eepad attend  que ce conflit soit réglé, Algérie Télécom s’apprête, elle,  à investir, à la faveur de la nouvelle dont il est question.  « Le dégroupage tant attendu de la boucle locale d’Algérie Télécom est également prévu par le nouveau texte », a révélé Moussa Benhamadi dans cet entretien.  Le dégroupage n’avait pas été prévu dans la loi 2000-03 du 5 août 2000 fixant les règles générales relatives à la poste et aux télécommunications. Mais « nous prévoyons une autre loi, qui est déjà passée par le Conseil du gouvernement qui l’a approuvée à 99% avec quelques petites remarques qui ont été prises en charge. Le projet de loi attend donc d’être réexaminé au Conseil du gouvernement puis le Conseil des ministres, avant de passer devant l’Assemblée », a expliqué le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication. Benhmadi aborde également l’Internet WiFi grand public qui  tarde à venir. Selon lui, le WiFi grand public mais restreint se déploie dans les cités universitaires. La convention signée avec le ministère de l’Enseignement supérieur prévoit la généralisation du WiFi dans 400 cités universitaires. L’opération avance, indique le ministre.  Généraliser le WiFi,  c’est donc possible. Dans le cadre de la nouvelle loi, l’ARPT va pouvoir agréer des opérateurs qui vont proposer du WiFi outdoor.  L’Algérie a « intérêt à réaliser ce genre d’offres payantes d’Internet sans fil », recommande-t-il. Dans la pratique, Mobilis a déjà expérimenté l’offre WiFi à un abonné qui demande un code d’accès qu’il peut introduire sur son laptop ou smartphone, et de payer avec le crédit de son téléphone mobile. En dehors des villes, le WiFi outdoor est prévu dans des régions du pays qui ne disposent pas encore de l’Internet, et où des opérateurs pourront proposer ces services.

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