Le tout-numérique, copyright, partage de la connaissance L’impossible compromis ?

En Algérie, la législation est différente, le copyright ne fait jamais débat, alors que le piratage prend des proportions alarmantes. Le piratage, sous toutes ses formes.
Les projets de loi anti-piratage font débat actuellement aux Etats-Unis. C’est le fameux « Protect IP Act », une législation qui, pour l’instant, ne fait pas l’unanimité. D’ailleurs, les grands acteurs du Web (Google, Wikipedia, Facebook, Twitter, Yahoo!…) y sont hostiles. Et en signe de protestation, Google et Wikipedia, par exemple, avaient décidé de faire écran noir le 18 janvier dernier. Il y a donc conflit entre les défenseurs du copyright et les défenseurs de l’Internet libre, dans un monde gagné par le tout-numérique. C’est le lobby des industries culturelles face au lobby 2.0. L’un des objectifs consignés dans les projets de loi en question, c’est limiter l’accès à un site lorsque celui-ci favorise le piratage des œuvres protégées. Ces projets de loi sont soutenus par l’industrie du disque, du cinéma et du jeu vidéo. Et c’est tout à fait normal. Mais ce ne sera pas évident que ce « front » remporte cette bataille, parce que le monde de l’Internet mondial a déjà  marqué des points dans cette affaire. Il  a fait beaucoup parler de lui  dans les médias. Peut-être que dans le débat politique, les industriels, ou du moins ceux qui les représentent, arriveront à inverser la tendance. Les politiques (des sénateurs généralement) estiment que la contrefaçon et la piraterie coûtent à l’économie américaine des milliards de dollars et des milliers d’emplois chaque année et qu’il revient au Congrès de légiférer sur la question. Cela prouve que le sujet est loin d’être clos. Des membres  du Congrès avaient, à un moment donné, décidé de reporter tout examen du projet de loi jusqu’à ce qu’un consensus plus large sur une solution se dégage. En Algérie, la législation est différente, le copyright ne fait jamais débat, alors que le piratage prend des proportions alarmantes. Le piratage, sous toutes ses formes, y est pratiqué à grande échelle : cela va des systèmes d’exploitation (Windows, pour l’exemple) à des applications ou logiciels classiques (Word, Excel, Photoshop, antivirus, entre autres) en passant par les jeux, films, musiques…  Les CD gravés, les téléchargements à partir du Net et les écrits puisés du Net, cela relève aujourd’hui de l’ordre normal des choses, dans un pays peu regardant sur le copyright et la propriété intellectuelle. Ainsi, les droits exclusifs attribués  à la  création intellectuelle et à l’innovation, c’est-à-dire tout ce qui relève du droit d’auteur, du copyright, des droits voisins, de la propriété industrielle, de la création utilitaire, du brevet d’invention et des signes distinctifs, des marques commerciales, de l’appellation d’origine, entre autres, peuvent attendre. Peut-être, cette situation va changer, une fois que l’Algérie aura bouclé son processus d’accession à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), que l’e-Algérie 2013 sera réalisé et que l’Algérie arrivera à développer la  production d’un contenu local. Est-ce possible ? La tâche semble ardue, tant que les grandes multinationales, les géants du Net veulent garder la mainmise sur l’innovation, la créativité… C’est une sorte de club hermétique, hostile au partage. Qu’un film, un CD, un contenu, un système, un procédé… soit protégé, cela est tout à fait normal. Mais qu’il ne le soit pas indéfiniment. Il faut que ces organismes, ces sociétés comprennent que le copyright et l’innovation ne sont pas dogmatiques. Ces multinationales auront tout à gagner en s’ouvrant aux pays qui n’ont pas accès à l’innovation. Elles auront toutes les possibilités de récupérer l’investissement qu’elles ont mis dans la recherche et le développement, parce que le tout numérique n’est pas antinomique avec le copyright.

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