Certains ont retrouvé leurs parents, d’autres ont trouvé assistance Quand les réseaux sociaux bouleversent nos vies

Les Algériens sont accrocs aux réseaux sociaux. Facebook vient en tête des sites avec plus de trois millions d’utilisateurs, selon les dernières statistiques existantes
Si le fait d’avoir un compte sur les réseaux sociaux n’est qu’un moyen de passe-temps pour les uns qui aspirent à faire de nouvelles connaissances et découvrir de nouvelles cultures, d’autres font plutôt appel à cette technologie pour atteindre des objectifs bien précis. Les réseaux sociaux sont en effet perçus comme des pistes incontournables pour résoudre des problèmes qu’ils ne sont pas parvenus à dépasser à travers les méthodes traditionnellement connues. C’est ainsi que Facebook, par exemple, apparaît comme une clé de réussite pour certains Algériens après avoir épuisé toutes les pistes « conventionnelles ». Pour ces derniers, se connecter à Internet ne relève pas d’une simple envie de détente, mais il s’agit de joindre l’utile à l’agréable. Les réseaux sociaux offrent une opportunité extraordinaire pour connaître des gens de tous bords et entrer en contact avec eux pour discuter de divers sujets. Mais le plus remarquable dans notre société ces derniers temps est l’utilisation à des fins utilitaires. On a vu des jeunes qui ont créé des associations de bienfaisance via ces réseaux de socialisation, à l’image du groupe « Ness El Khir » qui ont mené diverses activités au profit des personnes nécessiteuses à travers diverses régions du pays et d’autres associations regroupant les habitants du même quartier pour s’occuper notamment des activités de nettoyage et de protection de l’environnement. Sur le plan purement personnel, nous avons rencontré des citoyens qui ont abouti, grâce à Facebook, de mettre un terme à des situations des plus inextricables sur les plans familial, professionnel et personnel. Leurs témoignages renseignent sur le fait que les Algériens ont pris conscience de la possibilité de relever des défis majeurs à travers l’utilisation des réseaux sociaux.
Elle retrouve sa mère grâce à Facebook
Salima, 32 ans, a revu sa mère biologique après plus de trente années de séparation. Cette employée dans une compagnie de téléphonie mobile à Alger a passé pratiquement toute sa vie dans le mensonge. Son père et son entourage immédiat  lui ont toujours fait croire que sa mère était décédée dès sa naissance. La seule vérité qu’elle savait est que sa mère est française. Née à Aïn Beida (dans la wilaya d’Oum El Bouaghi), ses parents se sont déplacés à Baraki (Alger) depuis le début des années 1990. Et ce n’est qu’en été 2010 que Salima avait découvert la vérité et s’est, depuis, mise à la recherche de sa mère. « C’était lors d’un mariage d’une femme de mon village natal qui m’avait dit que ma mère n’était pas morte, mais elle avait plutôt quitté l’Algérie pour revenir dans son pays d’origine, la France, suite à un divorce. J’avais appris également que ma mère avait pris la décision de demander le divorce après que mon père eut pris une deuxième femme, ce qu’elle ne pouvait accepter », se souvient-elle. Après une longue dispute avec son père, Salima obtint le nom et le prénom exacts de sa mère. Et une longue histoire de recherche s’est est suivie. « Au début, j’avais interrogé des gens de mon entourage familial, puis j’ai pris attache avec le consulat de France pour obtenir des informations, mais tout cela n’a rien donné », se rappelle-t-elle. Tous ces obstacles n’ont pas pour autant dissuadé la jeune femme déterminée à poursuivre son aventure jusqu’au bout. Amatrice des sites de socialisation, elle décide, à partir de mars 2011, de lancer une recherche sur Facebook. « J’ai tapé le nom et le prénom de ma mère, j’ai  ajouté toutes les femmes qui répondent à son nom et âge à ma liste d’amis. Un jour, en discutant avec une de ses femmes, elle m’avait dit qu’elle était mariée à un Algérien avec qui elle avait donné naissance à une fille et qu’elle a été contrainte d’abandonner. Pour être sûre, je lui avais demandé la date de naissance de cette fille. Quelle était ma joie lorsque j’ai réalisé que toutes les indications correspondaient à moi ! », soupire Salima. Ensuite, la jeune femme et sa mère se sont donné rendez-vous à Alger et la grande rencontre avait lieu en juillet 2011. « Comme toutes mes démarches d’obtenir un visa pour la France ont échoué, ma mère a décidé de venir elle-même à ma rencontre », précise notre interlocutrice qui prépare actuellement les démarches pour l’obtention de ses nouveaux papier et elle a décidé d’aller vivre avec sa mère. « Les réseaux sociaux constituent la meilleure invention de notre époque car ils aident les gens à résoudre de grands problèmes », se félicite la jeune femme.
D’un harrag pitoyable à un immigré légal !
Il a réussi à sortir de la misère et des poursuites policières grâce à Facebook. Sofiane, un Algérois de 35 ans, est actuellement résidant permanent en Espagne et s’y est marié et y possède un emploi permanent. Mais avant d’arriver à cette situation heureuse, dont rêvent beaucoup de nos concitoyens sans-papier, il a éprouvé d’énormes difficultés et a mis fin à sa galère en lançant un SOS à travers Facebook. « Il y a deux années, j’étais un vrai misérable. Je vivais dans une situation irrégulière, je n’avais pas de travail et j’étais sous la menace permanente d’une expulsion. Je ne faisais que me cacher pour échapper au contrôle policier », se rappelle Sofiane. Comme sa misère ne faisait que s’accentuer, il a décidé de chercher de l’aide à travers le réseau social Facebook. « J’ai ajouté tous les Algériens vivant en Espagne à mon compte. En discutant avec quelques-uns, j’ai réussi à tisser des liens d’amitié avec ces concitoyens. Je leur ai raconté ma souffrance et ils ont vite pris l’initiative de m’aider à trouver un emploi au noir et un gîte. J’ai compris que les Algériens ne reculent pas lorsqu’il s’agit d’une question de dignité », se félicite notre interlocuteur. Petit à petit, Sofiane a fait connaissance d’une jeune espagnole qu’il a épousée en mai 2011, dit-il. Et depuis, il a régularisé sa situation et a réussi à décrocher un emploi stable. « Lorsque je suis rentré à Alger, pour la première fois depuis mon départ en 2005, des gens de ma famille et des voisins n’arrivaient pas à croire que mon salut était dû à Facebook, ce site qui a fait mon bonheur. Moi-même, j’ai décidé d’aider tout Algérien qui me solliciterait car les réseaux sociaux doivent aussi être des moyens de solidarité et d’assistance aux personnes en difficulté », conclut, tout heureux, notre interlocuteur.
Merci Facebook, adieu le chômage !
Son ambition et son audace ne connaissent pas de limites. Il n’a jamais hésité à frapper à toutes les portes et emprunter tous les chemins pour décrocher un emploi stable, conforme à sa formation et lui assurant surtout une bonne rémunération. Ingénieur en chimie industrielle et licencié en langue et littérature anglaise, Hakim, la trentaine, a fini par atteindre son objectif grâce au site de socialisation Facebook. Son histoire semble étrange, mais renseigne clairement sur  la possibilité de réaliser des objectifs en utilisant Internet. Sa méthode est toute simple ; il accède aux sites des grandes compagnies multinationales exerçant en Algérie, prend le nom des PDG et ensuite leur envoie des demandes d’ajout à la liste de ses amis sur Facebook. « Certains de mes amis tentaient de me dissuader, estimant qu’un grand responsable ne pouvait accepter mon offre d’amitié. On m’a même qualifié de fou ! », affirme-t-il. Au début, il n’a pas reçu de réponse à ses « requêtes » pendant plusieurs mois, mais cela n’a pas eu raison de sa volonté de « trouver un poste d’emploi d’une manière originale ». En octobre dernier, Hakim a reçu une première réponse d’un PDG d’une grande société qui a accepté sa demande d’ajout à la liste d’amis. « Parmi plus d’une trentaine de demandes que j’ai formulées, c’est la seule réponse positive que j’ai reçue », précise-t-il. Hakim tentait d’attirer la sympathie de ce haut responsable, sans dévoiler son intention réelle. « Comme le PDG est américain et un grand amateur du célèbre écrivain Mark Twain, je menais des discussions avec lui en Anglais et nous abordions des discussions concernant la biographie et l’œuvre de ce romancier. Avec le temps, on s’est sympathisé de plus en plus et on parlait de divers sujets. On est arrivé même à échanger les numéros de téléphone », se rappelle le jeune ingénieur. Et comme il a réussi à tisser une « grande amitié » avec le PDG, Hakim n’a pas hésité à lui demander de le recruter. Une demande satisfaite sans hésitation. « Le PDG m’a répondu que c’était un grand plaisir pour lui de me compter parmi le personnel de la compagnie. Sa réponse m’a étonné au début, mais lorsque je me suis déplacé, il m’a réellement recruté et j’y travaille depuis pratiquement deux mois », se félicite notre interlocuteur. L’un des grands avantages des sites de socialisation et que la personne discute sans pression aucune et peut atteindre des objectifs sans trop de démarches administratives.

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