Après avoir rayonné sur le monde Facebook entre en Bourse

Facebook vient de déposer son dossier d’introduction en bourse –IPO- auprès de la SEC (U.S. Securities and Exchange Commission). Voici en vrac quelques réactions sur cet événement majeur pour le secteur des TIC et en particulier Internet. Ce sera le plus important IPO, sans doute, depuis l’entrée en bourse de Google, un autre mastodonte de l’Internet, en 2004
Facebook est une histoire extraordinaire. Facebook est avant tout une plateforme pour réseaux sociaux mais c’est aussi une plateforme au potentiel exceptionnel. Aucune société, y compris celles exerçant dans les hydrocarbures, n’a pu en moins de 5 années avoir une audience mondiale approchant le milliard d’individus et, en parallèle, délivrer un profit annuel de l’ordre du milliard de dollars.
Rien que cela va faire en sorte que cet IPO sera hors norme et que l’ensemble des Bourses du monde vont bouger. On s’attend à des chiffres faramineux ! Cette IPO est accueillie par certains avec ironie et scepticisme et d’autres avec emphase et joie. Ce qui rappelle l’entrée en Bourse de Google qui vaut aujourd’hui près de 10 fois son ticket d’entrée. D’un autre côté, la valorisation escomptée de Facebook sera entre 75 et 100 milliards de dollars, ce qui correspond à 3 ou 4 fois celle de Google au moment de son entrée en Bourse en 2004. La valorisation d’une entreprise est fonction non pas de ses résultats passés mais de ses profits futurs. Si nous nous basons sur des prévisions basses, les profits de Facebook en 2012 atteindront « normalement » les 10 milliards de dollars et si l’on se base sur le ratio typique d’une valorisation de 10 fois les profits, Facebook sera valorisée à 100 milliards de dollars. Ce qui est crédible si l’on ajoute les arguments de Morgan Stanley, la banque qui introduit Facbook à la Bourse, cela pourrait être encore plus haut. Maintenant comment Facebook va arriver à 10 milliards pour 2012 ? Nous allons partir d’hypothèse simple et crédible. La première chose que l’on remarque est que Facebook recrute ses utilisateurs sans dépenser de sous car ce sont ses utilisateurs qui s’en chargent en invitant leurs amis. De plus, et c’est une première dans le monde, les annonceurs et partenaires sont recrutés sans pratiquement dépenser un cent car ils veulent tous être exposés à l’hyperaudience de Facebook. Avec le milliard d’utilisateurs, les coûts des infrastructures et logiciels devient marginal. Pour pouvoir délivrer et fonctionner avec près d’un milliard d’individus, il faut des serveurs et une infrastructure réseau très forte et des logiciels. Pour son IPO, introduction en Bourse, Facebook a commencé à donner un certain nombre d’informations. On y apprend, dans le document transmis à la SEC que le budget dédié « aux serveurs, à l’équipement réseau, à l’infrastructure de stockage et à la construction de data centers » a atteint 606 millions de dollars en 2011 et devrait croître fortement en 2012 pour atteindre la modique somme de 1,8 milliards de dollars. Serveurs, stockage, datacenter sont l’un des postes de dépenses importants pour les 5 prochaines années auquel il faut ajouter les logiciels pour pouvoir soutenir la croissance de Facebook.
Mais il reste qu’il va falloir trouver les 10 milliards de dollars. Avec son milliard d’utilisateurs, il faudrait donc que chacun dépense plus de 10 dollars par an pour que Facebook puisse faire une marge brut de 10 dollars par utilisateurs, ce qui permet d’atteindre le chiffre d’affaires de 10 milliards de dollars et donc une valorisation à 100 milliards. Ce qui est très difficile mais il ne faut pas oublier la monétisation des Facebook Credits mais aussi de nouvelles manières de gagner de l’argent à travers les annonceurs et peut-être les utilisateurs. Pour Morgan Stanley, les perspectives suggérées sont plausibles et réalisables. Il ne faut tout de même pas oublier que Facebook a toujours eu besoin de fonds et ses actions ont été fortement négociées sur le marché du gris où il y a eu beaucoup d’échanges et des ventes privées. Goldman Sachs a, paraît-il, mené un tour de table de 1,5 milliard de dollars en janvier. Bien que le fondateur et CEO de Facebook Mark Zuckerberg, 27 ans aujourd’hui,  a parfois semblé réticent à rendre publiques les informations du plus grand réseau social au monde, il se doit maintenant de le faire face à la pression croissante des possesseurs d’actions et la loi américaine qui stipule qu’une entreprise ayant plus de 500 actionnaires doit afficher ses résultats. « Afficher pour afficher autant aller à la Bourse », semble être la réponse de Mark Zuckerberg qui se voit créditer d’une fortune estimé à plus de 2,5 milliards de dollars.
Pour nous, on est comme les vaches qui regardent le train passer. On ne peut ni acheter, ni spéculer sur les actions de Facebook. Alors regardons le train qui passe…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *