Geek Week : Simple halte ou terminus ?

L’opération CyberRif est de retour. Le bus qui a sillonné une partie du territoire national pour prêcher la bonne parole de l’Internet haut débit et du « multimédia » a marqué récemment une pause au cyberparc de Sidi Abdellah. Espérons que ce ne sera pas le terminus !  Comme à son habitude, Moussa Benhamadi, ministre des PTIC, a indiqué que l’opération pilote, lancée dans la wilaya de Médéa le mois de mai dernier dans le cadre du désenclavement technologique des populations rurales, a enregistré « une grande réussite », d’où la nécessité de la généraliser à d’autres wilayas du pays en partenariat avec les walis qui ont intérêt, selon ses propos, que leurs administrés apprennent cette technologie. Pertinente remarque ! On voudrait bien savoir combien sont-ils ces walis à se pencher sur ce dossier ? Combien sont-ils à vouloir ouvrir réellement le Web aux citoyens au-delà de leurs frontières territoriales ? Et puis, est-ce que cette opération est une simple initiative d’un ministère ou bien une affaire qui concerne l’Etat avec ses différents démembrements ? En tout cas, ce que les citoyens reçoivent sur leurs téléphones portables actuellement, ce sont plus des SMS pour aller s’inscrire sur des listes électorales que des textos les invitant à attendre l’arrivée de ces bus. A force de jouer aux effets d’annonce, nos ministres se prennent à leur propre jeu. Au lieu d’aller à l’essentiel, ils multiplient les discours et les événements, juste pour marquer une présence médiatique. Mais quelquefois, il y a tellement de contradictions qu’on ne sait plus à quelle zaouia ou quel cheikh nous vouer ! Jugez-en : la 3G n’est pas sorti de l’auberge algérienne. Les déclarations sur la date de lancement en Algérie se multiplient, mais ne se ressemblent pas. Après avoir déclaré il y a un mois que la 3G sera lancée au plus tard avant le 5 juillet 2012, Moussa Benhamadi a affirmé que le lancement de la 3G sera bloqué jusqu’à la finalisation du dossier Djezzy. Autant dire que ce n’est pas demain la veille. A moins que dans les coulisses, les Algériens et les Russes aient déjà trouvé un compromis et qu’ils se soient mis d’accord pour nous mener en bateau vers la Sibérie. A force d’annonce, la 3G, censée être un événement majeur en Algérie, tombe dans la banalité. Alors, le citoyen finit par avoir la réflexion suivante : « Aujourd’hui ou demain, qu’importe ! ». Et il attend la prochaine déclaration : la 3G avant le prochain hilal de ramadhan, la 3G pour récompenser les bacheliers, la 3G avant la qualification de l’EN de football à la prochaine Coupe d’Afrique des nations…Apparemment, Microsoft Algérie est plus concret. Après avoir investi le ministère de l’Education nationale, il lance en partenariat avec l’Agence nationale de l’emploi (ANEM), la Confédération nationale du patronat algérien et ITComp, « Microsoft Community Technology Skills Program » (CTSP) au profit des primo demandeurs d’emploi. Il vise à développer les compétences et à mieux « armer » les futurs demandeurs d’emploi pour s’intégrer dans un marché du travail qui a besoin de mains d’œuvre qualifiées. C’est ce qu’a souligné Tayeb Louh, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Ainsi, les TIC sont de plus en plus sollicitées pour une meilleure compétitivité de nos entreprises. Si la part des dépenses d’équipements des entreprises est élevée, ce n’est pas le cas pour le contenu qui reste à la traine. Les TIC sont utilisées pour la production des produits mais rarement pour la promotion des talents. Elles ne modifient que rarement le management des entreprises. Les TIC ont été introduites dans le monde de l’entreprise pour aider les salariés en facilitant leurs échanges, mieux gérer les informations et donc mieux connaître leur environnement, augmenter la productivité ou encore mieux gérer les ressources humaines. Ces TIC permettent ainsi de mettre en place des processus qui suscitent des interactions entre les savoirs individuels afin de générer de nouveaux savoirs collectifs porteurs d’innovations dans l’entreprise. Les dirigeants d’entreprise et les managers ont rapidement vu les bénéfices à en tirer, les obligeant à les intégrer rapidement car, en théorie, elles sont censées amener beaucoup de résultats positifs tant au niveau technique qu’au niveau humain.  Les chefs d’entreprises doivent ainsi comprendre que le vieil adage de la « connaissance, c’est le pouvoir » est terminé et que maintenant la réalité c’est « le partage de la connaissance, c’est le pouvoir ». Sommes-nous prêts à écouter ce genre de discours et surtout à l’appliquer sur le terrain ? De la réponse à cette question dépendra notre avenir technologique et notre insertion dans le monde.

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