Journée d’étude sur le contenu La stratégie de contenu devient une nécessité

Une incompréhension qui ne dit pas son nom persiste aujourd’hui ; il s’agit des notions de contenu et d’industrie du contenu. Et l’une ne va pas sans l’autre. Le première est avant tout de la création et son usage et la seconde consiste à modifier les technologies et la loi pour adapter le Web à son modèle.
Sidi Abdellah a abrité deux journées d’étude intitulées « Développement de contenus en Algérie : Enjeux et perspectives », où presque l’ensemble des ministères ont proposé un produit pour le Web. Tout le monde sait que « sans le contenu, Internet serait vide » et d’autres vous diront « sans l’industrie du contenu, l’Internet sera vide ». A première vue, la question peut se poser, tant les services de divertissement se sont multipliés ces dernières années. Nous ne comptons plus les services permettant de lire, regarder la TV, écouter de la musique, voir des vidéos ou jouer. Mais ce qui intéresse l’internaute, c’est de pouvoir régler ses problèmes de tous les jours grâce à Internet : prendre un rendez-vous pour aller chercher son permis de conduire ou son passeport ou bien sa carte d’identité mais aussi avoir de l’information sur les papiers administratifs qu’il lui faut. Pourtant, à l’origine ; Internet a été créé comme un moyen de communication. A ce titre, la journée initiée au Cyberparc de Sidi Abdellah pourrait s’intituler « le contenu gouvernemental » car si le contenu est roi, la stratégie de contenu est son royaume ou bien plus simplement, « sans contenu, c’est vide mais sans méthode pour faire du bon contenu et pour quel usage, c’est la catastrophe ». Ce que nous avons vu ces deux journées, c’est une véritable pièce d’un puzzle où chacun travaille dans son coin et tout seul. Chaque produit ou concept présenté est intéressant mais sans liaison apparente avec l’ensemble. Il va de soi de mettre les synergies ensemble pour un but commun car le citoyen attend de son administration de meilleures prestations. « Et c’est le but de ces journées », a déclaré Moussa Benhamadi, ministre de la Poste et des TIC. Il ajoute : « Il faut qu’il y ait des journées et encore des journées d’étude pour parfaire la demande. » Il va de soi qu’en Algérie, depuis une décennie, la part du contenu sur le Web a énormément augmenté, et le contenu gouvernemental à destination du citoyen est arrivé avec son modèle qui n’utilise pas forcément le fort potentiel de la data et de l’informatique qui est l’interactivité. C’est sans doute vrai, d’où ce décalage persistant entre les réels usages des internautes et de quelle façon Internet est perçu par l’administration. En effet, ainsi que le souligne Cherif Benmahrez, conseiller chargé de la société de l’information au ministère des PTIC, il est question de mettre en place « une administration plus efficiente et plus transparente, des services améliorés aux citoyens et aux entreprises » mais cela nécessite des investissements dans l’éducation, l’infrastructure télécoms et les réformes règlementaires sans oublier que tout cela sert toujours et avant tout l’économie. Et pour cela, il préconise de « généraliser l’usage des TIC dans la société » mais aussi « une accélération de l’usage des TIC au niveau des entreprises », conclut-il. De nombreux sites Internet sont pénalisés par manque de contenu récent ou par manque de contenu tout simplement. Et pour cela, Hatem Hocini, cadre du MPTIC, parle du portail « elmouwaten » qui peut être l’un des éléments de la réussite d’une administration électronique. C’est, dit-il, « un guichet unique, destiné à faciliter au citoyen l’accès à l’ensemble de l’information administrative de l’Etat, soit formalités ou services en ligne » qui permet de rapprocher l’administration du citoyen. En août 2011, « plus de 160 formalités ont été collectées et validées, ce qui a permis la sortie de la première version et aujourd’hui, dit-il, nous avons plus de 360 formalités ». De son côté, Djidel Hacene, sous-directeur de l’informatique auprès du ministère du Commerce, a fait état de « la mise en place des systèmes d’information liés au contrôle des pratiques commerciales et au contrôle de conformité des produits importés au niveau des inspections aux frontières ». « C’est fonctionnel », confirme-t-il et d’ajouter : « Nous allons mettre incessamment un guide interactif pour la protection du consommateur sur notre site Internet ».  La démarche suivie par Hacene Djidel est une démarche globale du secteur qui va faire en sorte, nous dit-il, qu’« il y aura de l’information validée tout en simplifiant sa circulation, ce qui permettra de mettre en place des outils d’analyse et d’aide à la décision ».
Pour Youcef Aggoun, CEO de Media Marketing, « les choix technologiques sont des moyens de transformation sociale » car, ajoute-t-il, « le problème n’est donc plus d’attendre un changement de société pour influer sur les finalités du progrès mais bien d’intervenir à chaque moment sur les choix technologiques considérés comme autant de leviers pour transformer la société ».
En d’autres termes, « faire avancer d’un même pas les avancées technologiques avec l’emploi, la qualification et l’épanouissement des hommes ». Tout en remettant l’Homme ou le citoyen au centre du débat. Il dira alors que « l’homme n’est plus considéré comme résidu des activités économiques, de la généralisation des sciences et des techniques, mais comme leur primat tant dans les moyens à mettre en œuvre que dans les objectifs fondamentaux à atteindre ».
Revenant à l’économie du savoir, il regrette le manque d’investissement et dira d’un souffle : « Un marché trop étroit et inorganisé pour susciter l’investissement dans le domaine de l’économie de la connaissance ».
Quoiqu’il en soit, développer le contenu et une industrie du contenu est inévitable.
D’ailleurs, dans son message à l’occasion de la célébration de Journée nationale du savoir, le président de la République a souligné que « le défi à venir est de réduire d’urgence les fractures de la connaissance » tout en ajoutant que « l’évolution des sciences et des technologies est de plus en plus rapide et la force des nations réside désormais dans leur capacité à produire des connaissances, à les transformer en innovations et en richesses ».

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