Plutôt que de privilégier le label national : L’APN exige des ordinateurs de « marque »

Nos gestionnaires savent-ils qu’il existe des entreprises algériennes qui possèdent elles-mêmes des marques d’ordinateurs, toutes enregistrées et déposées à l’INAPI, qui n’ont rien à envier « aux marques de renommée mondiale » ?
Bien curieux que l’avis d’appel d’offres national lancé par l’Assemblée populaire nationale (APN) ; consultation destinée à équiper l’institution en ordinateurs et de quelques autres périphériques. L’avis d’appel en question, réparti sur quatre lots et portant la référence « n° 02/ DGAFM/ DMG/ SDA/2012 », invite les éventuels fournisseurs qui y répondront à acquérir et à installer pour son compte « 150 micro-ordinateurs ; 150 imprimantes; 150 onduleurs » et, enfin, « 100 licences Microsoft ». Cependant, à lire de plus près, des anomalies sautent aux yeux, aussi bien en français qu’en arabe étant donné que le texte a été rédigé et publié dans les deux langues.
On peut d’ores et déjà y lire une première spécification qui prête à s’interroger sur sa raison; voire son utilité ! « L’Assemblée populaire nationale lance un avis d’appel d’offres national ouvert pour l’acquisition, l’installation et la mise en route de matériel informatique de marque renommée mondiale. » Cette exigence d’un équipement de « marque de renommée mondiale » ne se retrouve pas sur la version en arabe de l’appel à consultation; néanmoins elle est bel et bien portée sur le document et donc ne laisse aucune chance aux équipements fabriqués localement quand on sait que l’appel est circonscrit à un niveau national. Autre point confus, et cette fois-ci nous le retrouvons aussi bien en français qu’en arabe, ce sont les entreprises explicitement visées. « Le présent  avis  d’appel  d’offres  ne  s’adresse  qu’aux  seules  entreprises  spécialisées  dans  le  domaine ayant  la  qualité  de  distributeur  et/ou  fournisseur  agréé  en  Algérie  par  un  fabricant  d’équipements informatiques […] ». Une simple lecture exclut donc d’office les fabricants locaux de matériels informatiques dans la mesure où il ne s’agit pas d’une mauvaise interprétation ou traduction du même avis d’appel d’offres rédigé en arabe puisque nous retrouvons la même ligne dans cette langue. Par conséquent, Alfatron, Condor Informatique, Sacomi, KLC et même l’EEPAD ainsi que d’autres intervenants dans la fabrication, ou du moins le montage d’ordinateurs, ne sont pas concernés par la consultation publique. Dernier point d’ombre, pourquoi 100 licences Microsoft seulement pour 150 ordinateurs ; sachant qu’aucun autre système d’exploitation n’est demandé ? S’agit-il simplement d’une erreur de rédaction ou d’un manque de considération pour ce qui est produit localement ? Ce sont les deux questions que nous avons souhaité poser à la Direction générale de l’administration, des finances et des moyens. Malheureusement, toutes nos tentatives afin d’entrer en contact avec cette direction sont demeurées sans succès. Il faut croire que ce n’est un précédent unique. A plusieurs reprises, beaucoup d’entreprises algériennes dont nous avons discuté avec leurs responsables et qui font dans l’intégration d’équipements informatiques, spécialement les microordinateurs, sont confrontées à ce genre de confusions « sémantiques » dans la rédaction des avis d’appel d’offres où, très souvent, les énoncés ainsi que les spécifications exigées prêtent à confusion; jusqu’à exclure celles-ci des marchés publics. « Ce n’est pas la première fois qu’un appel d’offres nous ‘‘exclut’’ d’office car aux premières lignes déjà, on introduit l’exigence que ce soit de marque internationale », affirmait un responsable d’une entreprise spécialisée dans la « fabrication » d’ordinateurs. Cependant, si ce point précisément est contestable et peut subir une modification qu’on pourrait mettre sur le compte d’une incompréhension ou d’un réflexe systématique ; nous comprenons moins qu’on sollicite des sociétés de distributions, donc d’import-export d’équipements informatiques.
Nous comprenons moins le fait que ce soit l’APN qui affiche sa préférence pour les marques de renommées mondiales plutôt que pour des marques algériennes, pourtant compétitives.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *