Tarik Kheloufi, finaliste mondial d’Imagine Cup avec Epsilon Team lors de l’édition 2011 La paperasse, « ce n’est pas complètement en accord avec l’entreprenariat »

IT Mag : Vous avez été le finaliste l’année dernière à l’Imagine Cup avec Epsilon Team, qu’est-ce ça fait d’y participer et d’y gagner ?
Tarik Kheloufi : Pour moi il n’y a pas une énorme différence entre une équipe qui gagne à l’Imagine Cup et une autre qui y participe parce que ce concours vous apprend à voir les choses d’une façon différente. Le concept même d’Imagine Cup, c’est d’imaginer un projet qui pourrait apporter une solution sans s’arrêter aux contraintes, ce qui freine toute innovation et toute création. Et quand on arrive à voir les choses sans les contraintes, on arrive à innover, à sortir de bons projets ; c’est pour ça que quand on participe et qu’on est finalistes à travers un bon projet, qu’on gagne ou qu’on ne gagne pas, l’essentiel c’est qu’on a eu cette vision là.
Que devient Epsilon Team ; vous avez créé une entreprise, lancé SurgeReal dans la sphère économique ?
Nous, nous avons gagné l’année dernière, nous avons été super-contents, nous avons a eu une superbe expérience à l’étranger, nous y avons rencontré des personnes formidables ainsi que d’autres finalistes qui avaient lancé leur entreprise avant la mondiale. Après ; nous, ici en local, c’est un peu plus compliqué parce que, ce que je pense, c’est qu’avoir des étudiants qui s’attaquent à un projet énorme, ça demande un peu de temps, ce n’est pas facile. Il faut un minimum de maturité qui s’acquiert avec le temps. Il faut beaucoup de travail et un minimum de maturité. C’est pour ça que, actuellement, là pour l’instant, on n’a pas fait grand-chose, ça nous prendra peut-être beaucoup de temps?
Pourquoi « pas grand-chose ». Un problème d’individus ; de contexte ?
Ce n’est pas un problème d’individus. Individuellement, moi personnellement j’ai terminé cet été, je bosse maintenant dans une multinationale, je n’ai pas à me plaindre. En ce qui concerne mes coéquipiers, il y en a  un  qui est parti à l’étranger et qui fait une super-fac, d’autres encore terminent leurs études, il n’y a pas à se plaindre. Individuellement, Microsoft nous a apporté une vision. En ce me qui concerne, j’ai participé deux fois de suite, le gros que m’a apporté Imagine Cup c’était lors de ma première participation parce que j’ai appris à voir les choses autrement. D’autres finalistes d’Imagine Cup de 2008 et 2009 ont créé leur entreprise aujourd’hui. Moi je me dis, Imagine Cup, ça vous apprend à voir les choses comme il faut, avoir les épaules solides, avoir le background nécessaire, après, vu que vous êtes en Algérie, un pays où il n’est pas très facile de créer son entreprise, ça prend un peu plus de temps. C’est pour ça qu’aujourd’hui, les finalistes de 2008 et de 2009 ont créé leur boîte ; il y a même une autre équipe avec deux boîtes. Nous, peut-être, c’est dans deux ou trois ans. Mais pour l’instant, une année après, on n’a pas énormément avancé. Mais on y arrivera.
Qu’est-ce qu’il aurait fallu pour que les choses aillent plus vite ?
Quand je vois ce que fait l’Etat dans ce sens, je me dis qu’on a de la chance car nous sommes dans un pays qui peut vous donner de l’argent, à travers l’Ansej, il y a Sidi Abdellah où il est possible d’avoir des locaux? mais ça tarde ! L’Ansej, il faut attendre 8 mois ou plus? Il y a une lenteur dans la paperasse qui est devenue pratiquement culturelle, ce qui n’est pas complètement en accord avec l’entreprenariat. Ça ne fait que ralentir et ça demande aussi beaucoup de volonté. Quand on a de la volonté et ce qu’il faut derrière, le background, l’innovation, il faut la garder un bon moment. Peut-être aussi on est dans un pays où on n’a pas la culture du risque. Personnellement, j’aurais pu vous dire, aujourd’hui je ne bosse pas, car je travaille sur mon projet, non, ce n’est pas le cas ; c’est peut-être aussi que, culturellement, on se dit que la sécurité qu’offre un salaire chaque mois, on ne peut pas s’en passer. C’est aussi ça. Il est vrai que dans toutes nos administrations, on a de la paperasse à tort et à travers, qui n’est pas là pour nous aider.
Un dernier mot sur votre expérience Imagine Cup
Pour moi, pour nous, Imagine Cup nous a apporté avant tout une vision, le fait de pouvoir approcher des problématiques d’une façon efficace.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *