Feux de forêts et inondation en Algérie Le satellite au service de l´environnement

Les technologies spatiales ont été mises à contribution durant la saison estivale de 2018 en Algérie, un pays qui dispose de 6 satellites, dont 5 sont dédiés à l’observation de la terre.
L´Agence spatiale algérienne (ASAL) est ainsi intervenue dans diverses régions du pays pour étudier notamment l’impact des inondations et des feux de forêts signalés depuis le début de l´été.
Les satellites algériens Alsat-1B et haute résolution Alsat-2 ont été ainsi mis à contribution pour étudier l´impact des inondations dans la région d’In Guezzam, à Tamanrasset, survenues les 3 et 4 août 2018. L’ASAL a procédé à la programmation d’images des satellites d’observation de la Terre depuis les satellites Alsat-1B et Alsat-2. «Cela a été réalisé avec pour but d´évaluer l’étendue spatiale de l’inondation sur un intervalle de temps donné», a-t-on expliqué auprès de l´Agence. Trois images satellitaires prises à des dates différentes ont été analysées, en vue de mettre en évidence l’évolution spatio-temporelle de la crue. L’exploitation des images satellitaires a permis une délimitation liminaire de la zone d’extension de la crue et d´avoir une visualisation de la ville d’In Guezzam inondée. L’analyse des images à haute résolution a permis de fournir des informations plus précises sur les zones inondées à l’échelle des zones urbaines habitées et des principales infrastructures (aéroport, routes,…). Selon les résultats de l´étude, les zones d´In Guezzam les plus touchées par les crues étaient notamment l´aéroport ainsi que ses quartiers mitoyens comme Hai Abalag, Hai Bina Rifi et Hai Kounta, qui sont restés inondées 72 heures durant. «Le chemin privilégié de l’écoulement est orienté vers l’aéroport d’In Guezzam ainsi que vers la ville», précise l´Agence, qui relève que 15 jours après l’inondation, d’infimes traces d’eau subsistaient au nord-ouest de la ville ainsi qu’au niveau de l’aéroport, contrairement à la zone urbaine, où la disparition des traces d’eau y est complète.

Le satellite a été aussi utilisé pour étudier l´impact des feux de forêts dans les wilayas de Souk Ahras, Khenchela, Batna et Tébessa.
L´Incendie de forêt qui s´est déclaré dans la wilaya de Souk Ahras a été détecté à partir de l’imagerie satellitaire à moyenne résolution. L´incendie a touché la forêt de Boussessou dans la commune de Taoura (wilaya de Souk Ahras) le 21 juillet 2018. Selon l´Agence, l´analyse des images satellitaires de la zone parcourue par le feu a permis d’estimer la superficie parcourue par le feu, qui s’élève à 101 ha.
L´autre incendie de forêt s´est déclaré le 26 juillet dans les monts de la commune de Bouhmama, à 57 km du chef-lieu de la wilaya de Khenchela. L’analyse issue de l’exploitation d’images satellitaires a permis de localiser et d’estimer la superficie parcourue par le feu, qui s’élève à 210 ha.
A Batna, un incendie a touché la forêt de Bouarif dans la région de Azzeb au Nord du chef-lieu de wilaya le 16 juillet 2018. L’Agence spatiale algérienne a exploité et analysé une image satellitaire couvrant la région concernée. Cette analyse a permis de localiser et d’estimer la superficie parcourue par le feu s’élevant à 437ha.
Les images satellites ont permis aussi d´estimer les superficies parcourues par les feux de forêt dans la wilaya de Tébessa, durant le mois de juillet. L´analyse des images satellitaires de l´incendie de forêts survenu au niveau de Djebel Anoual, a fait ressortir 43 ha de surfaces forestières parcourues par le feu.
Pour rappel, une convention de partenariat entre le ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables, et l’Agence spatiale algérienne avait été signée en septembre 2017.
L’accord vise à mettre à la disposition des organismes relevant du département de l’environnement, tous les outils et produits spatiaux développés par l’ASAL pour assurer un contrôle semi-permanent de l’environnement. Cette convention prévoit d’instaurer une coopération entre les deux parties pour l’utilisation, de manière optimale, les technologies spatiales et leurs applications dans les processus de conception, d’étude et d’exécution des grands projets pour la protection de l’environnement et le développement durable. L’imagerie satellitaire constitue un outil d’aide à la décision nécessaire pour le suivi de l’extension urbaine et les changements pouvant avoir un impact sur l’environnement. Dans ce cadre, l’analyse diachronique (à deux dates) basée sur l’exploitation des images des satellites d’observation de la Terre, constitue un moyen efficace de cartographie des changements dans les milieux urbains et naturels.

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