Depuis quelques années, le petit boîtier vert fluo s’invite dans nos foyers : le compteur Linky, ce dispositif intelligent censé moderniser la gestion de l’électricité en France. Mais malgré son apparente simplicité, il divise. Certains l’adorent pour ses promesses de transparence et d’économie, d’autres s’en méfient. Et désormais, refuser son installation pourrait vous coûter cher.
Refuser Linky : des frais supplémentaires dès 2025
À partir du 1er août 2025, dire non au compteur Linky aura un prix. Pour les foyers encore équipés d’un ancien compteur, Enedis appliquera une facturation forfaitaire de 6,48 € tous les deux mois, soit 38,88 € par an. Et si vous ne transmettez pas vous-même votre index de consommation, une pénalité additionnelle de 4,14 € bimensuelle viendra s’ajouter, portant l’ardoise totale à 63,72 € par an.
C’est la Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui a validé cette mesure en mars 2025. L’objectif affiché : couvrir les frais de relevé manuel encore nécessaires pour ces anciens compteurs. Une décision que Marianne Laigneau, présidente du directoire d’Enedis, justifie comme un effort d’équité entre les usagers ayant adopté Linky et les autres.
Des exemptions possibles… mais rares
Heureusement, quelques cas font exception. Si des raisons techniques empêchent l’installation du compteur (logements isolés, configuration électrique atypique…), les pénalités ne s’appliqueront pas. Et pour les autres, il existe des solutions simples pour éviter tout surcoût :
Transmettre manuellement l’index via le site d’Enedis ;
Ou prendre rendez-vous pour qu’un technicien effectue un relevé ponctuel (encore faut-il s’en souvenir à temps).
Une amie à la campagne, qui vit dans une vieille longère, m’a raconté qu’elle redoutait surtout les coupures liées au changement de compteur. Elle a finalement opté pour une transmission manuelle tous les deux mois. Fastidieux, certes, mais moins anxiogène que le changement d’installation.
Plus de 2 millions de Français encore réticents
En 2025, on compte encore environ 2,1 millions de foyers qui n’ont pas franchi le pas Linky. Ce chiffre, loin d’être marginal, montre que la transition numérique dans le domaine de l’énergie ne se fait pas sans crispations. Méfiance vis-à-vis des ondes, inquiétudes autour de la vie privée ou tout simplement attachement aux habitudes : les raisons sont variées.
Et pourtant, Linky n’est pas qu’un gadget pour technophiles. Il permet un suivi en temps réel de la consommation, facilite la facturation au plus juste, et surtout, il s’inscrit dans une logique de transition énergétique. Grâce à lui, les réseaux peuvent mieux intégrer les énergies renouvelables, comme l’éolien ou le solaire, dont la production est plus variable.
Un outil au service de la transition écologique
À l’origine, le déploiement du compteur Linky répond à une directive européenne visant à moderniser les infrastructures énergétiques. Enedis a déjà équipé 94 % des foyers français, soit environ 37 millions de compteurs installés. L’objectif est de rendre le réseau plus réactif, plus efficace, et plus transparent pour le consommateur.
Certes, il reste des progrès à faire, notamment sur la pédagogie autour de l’outil. Beaucoup d’usagers n’exploitent pas pleinement les fonctionnalités du compteur, faute d’information claire. Mais avec un peu de curiosité, il peut devenir un véritable allié pour maîtriser sa consommation — et alléger, un peu, sa facture.

