Sur les plages, dans les ruelles ou au pied des massifs de l’Hérault, on pourrait croire à un tournage de film d’action. Mais il s’agit bien d’un exercice grandeur nature baptisé Shakti 2025, réunissant 500 militaires français et indiens. Objectif : simuler une opération de libération urbaine en conditions quasi réelles, tout en renforçant la coopération entre deux nations stratégiques.
Une manœuvre conjointe au cœur de l’Hérault
L’exercice a démarré le 24 juin 2025 et s’est étendu jusqu’au 26 juin, mobilisant des communes comme Agde, Vias, Lodève, Saint-Privat ou encore Canet. Le scénario ? Libérer une ville en partenariat avec une armée étrangère — ici, des troupes indiennes — dont les soldats ne parlent pas français. Une contrainte volontaire qui pousse les unités à travailler sur la communication non verbale, l’adaptation rapide et la coordination tactique sur le terrain.
Le lieutenant-colonel Stéphane, à la tête de l’opération, souligne l’importance de ces missions « hors caserne » : elles permettent de tester les réflexes opérationnels en milieu civil et de resserrer les liens avec les populations locales, souvent curieuses — parfois un peu surprises — par ces démonstrations militaires.
Une coopération franco-indienne bien rodée
Côté troupes, ce sont 350 légionnaires de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère qui ont été mobilisés, accompagnés de 100 militaires indiens, venus spécialement pour l’occasion. L’exercice s’est déroulé avec un arsenal complet : véhicules blindés, avions de chasse, snipers en poste et tirs à blanc dans certaines zones.
Ce partenariat entre la France et l’Inde n’est pas nouveau. Depuis près d’une décennie, les deux pays multiplient les exercices conjoints afin de renforcer leur coopération stratégique. Dans un contexte géopolitique tendu, marqué par des tensions régionales et des menaces cyber croissantes, ce type de manœuvre permet d’affiner les stratégies de défense partagée.
Des réactions mitigées du côté des habitants
Pour les habitants de la région, l’expérience n’a pas laissé indifférent. Si beaucoup étaient informés en amont, certains ont été pris de court par l’intensité des scènes simulées. Lily, d’Agde, raconte en souriant : « On était en train de boire l’apéro, et là, on a vu des militaires en tenue avec des armes. Un peu flippant, quand même. » Yanis, lui, reste lucide : « On savait qu’il y aurait des manœuvres, mais c’est vrai que dans le contexte actuel, on peut vite imaginer le pire si on n’est pas bien renseigné. »
Ces témoignages illustrent bien le délicat équilibre entre entraînement militaire et tranquillité du quotidien. Mais ils rappellent aussi l’importance d’une communication claire pour maintenir un climat de confiance.
Une ouverture vers le public en fin d’exercice
Le 26 juin, les forces engagées ont ouvert les portes de leur camp temporaire pour une présentation du matériel militaire. Une occasion pour les curieux, les familles et les passionnés d’échanger directement avec les soldats, de découvrir les équipements, et de poser des questions sur leur mission.
Cerise sur le képi : une partie des militaires ayant pris part à Shakti 2025 défileront sur les Champs-Élysées lors de la fête nationale du 14 juillet, symbole d’une armée moderne, engagée, et tournée vers l’international.
Derrière ces exercices intenses, l’armée française poursuit un double objectif : être prête à toute éventualité, et rester ouverte à la société civile. Une manière de rappeler que la défense nationale ne se joue pas uniquement sur des champs de bataille, mais aussi dans notre capacité à coordonner, anticiper et coopérer. Même — et surtout — à l’échelle mondiale.

