À mesure que la température mondiale grimpe, certains territoires de la planète se transforment peu à peu en zones de survie. Selon la NASA, une partie du globe pourrait tout simplement devenir inhabitable d’ici le milieu du siècle. Et ce n’est pas de la science-fiction : les premières alertes sont déjà visibles… et mesurables.
Des vagues de chaleur qui se multiplient à une vitesse alarmante
Le GIEC estime qu’avec un réchauffement global de +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, les épisodes de chaleur extrême pourraient être multipliés par quatre d’ici 2100. Mais pour certains territoires, 2050 marquera déjà un tournant, et pas dans le bon sens.
Aux États-Unis, la chaleur est déjà, depuis 30 ans, le phénomène météorologique le plus meurtrier, devant les inondations ou les tornades. Et ces dernières décennies, la fréquence des canicules a plus que doublé. Le danger ne se mesure plus uniquement en degrés, mais en capacité du corps humain à résister.

Le « bulbe humide » : l’indice qui alerte les scientifiques
Pour comprendre quand la chaleur devient réellement mortelle, les chercheurs s’appuient sur deux mesures clés : l’indice thermique et surtout la température du bulbe humide (ou wet-bulb temperature). Cet indicateur combine température et humidité pour estimer à quel moment le corps humain n’arrive plus à se refroidir par la transpiration.
Un seuil critique a été fixé : 35°C de bulbe humide pendant 6 heures. Au-delà, le corps est incapable d’évacuer la chaleur, même au repos et à l’ombre. Et ce seuil a déjà été franchi plusieurs fois depuis 2005, notamment dans des zones subtropicales du Pakistan ou du golfe Persique.

La NASA tire la sonnette d’alarme
Grâce à ses instruments embarqués, comme AIRS ou ECOStress, la NASA suit de près l’évolution de cet indice. Un nouveau projet, baptisé SBG (Surface Biology and Geology mission), doit encore affiner ces mesures, en étudiant en détail l’évaporation de l’humidité des sols.
Les données actuelles permettent déjà de dresser une carte des zones critiques. Depuis 1979, les épisodes de bulbes humides extrêmes ont triplé, un signe inquiétant pour les décennies à venir.


Les zones menacées d’ici 2050
Selon les modèles climatiques de la NASA, plusieurs régions du monde franchiront la barrière de l’habitabilité humaine d’ici 2050 :
Le golfe Persique : Iran, Oman, Koweït
Les pays de la mer Rouge : Égypte, Arabie Saoudite, Soudan, Éthiopie, Somalie, Yémen
L’est de la Chine et une partie de l’Asie du Sud
Le nord du Brésil
Et aux États-Unis : Arkansas, Missouri, Iowa
D’ici 2070, ces zones pourraient régulièrement dépasser les 35°C de bulbe humide, ce qui rendrait toute activité extérieure prolongée potentiellement mortelle, même pour une personne en bonne santé.
Un danger réel dès bien avant ce seuil
Ce qu’il faut retenir, c’est que le risque n’apparaît pas uniquement au seuil extrême de 35°C. Lors de la vague de chaleur de 2021 dans l’ouest du Canada, qui a fait plus de 1 400 morts, le bulbe humide ne dépassait même pas 25°C. L’indice devient préoccupant dès 25°C à 30°C, selon la tolérance du corps humain, surtout chez les personnes âgées, les nourrissons ou ceux souffrant de maladies chroniques.
Dès qu’il fait plus de 12°C en dessous de la température corporelle normale (soit environ 25°C de bulbe humide), la surchauffe devient un risque pour la santé.
Le message est limpide : certaines parties du monde, où vivent aujourd’hui des millions de personnes, pourraient devenir incompatibles avec la vie humaine en extérieur dans un avenir très proche. Ce n’est plus une question théorique, mais une réalité climatique qui s’approche à grands pas. Et pour ceux qui en doutent encore, les “terres inhabitables” sont déjà en train d’émerger sous nos yeux.

